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Après avoir lu ce singulier billet, je le repliai, j'attendis le retour de Mme Parangon, et lorsqu'elle eut ôté son mantelet, je glissai adroitement le billet dans le coqueluchon : au premier moment où je me trouvai seule avec elle, je lui dis que je croyais avoir vu mettre un papier dans son mantelet, lorsque nous ent... | novel_328 |
Je vais reprendre avec toi, ma très chère sœur, mon ancienne manière de tout écrire et de te confier mes moindres pensées. Me voilà enfin dans ce mariage si désiré autrefois, et que des malintentionnés firent manquer ! Ils me persuadèrent d'agir comme une folle, et je le fis; parce que j'étais réellement folle. Tu sais... | novel_329 |
Me voilà donc un peu rassurée. Je m'observai soigneusement, et ayant découvert chez une de mes amies, un passage par sa maison d'une rue à l'autre, je profitai de cette découverte, pour aller chez elle, n'y rester qu'un instant, et me rendre de là voilée chez la G**, ou ailleurs. Cette vie dura trois mois. Mais le coup... | novel_335 |
À l'appui de cette assertion, vient la connaissance que j'ai eu occasion de prendre du caractère des plus déterminés duellistes.-Je les ai trouvés des lâches à leurs derniers moments; je les ai trouvés des lâches après la victoire, lorsqu'il fallait se dérober aux poursuites; je les ai trouvés des lâches dans les affai... | novel_337 |
Ne lui dis pas (quoique ce soit la vérité), qu'elle s'est crue violée; qu'il n'en est rien; qu'elle a cédé, qu'elle a été heureuse, qu'elle l'est encore par son action, et que son désespoir, tout vrai qu'il est, n'en est pas moins à présent le plus doux de ses plaisirs; mais conduis-toi, s'il est possible, comme si tu ... | novel_338 |
C'est une trahison que je n'avais pas prévue, et s'il continue sur ce ton, ma reconnaissance deviendra de l'amour. Vous jugerez qu'il se rend digne de ce sentiment, quand vous aurez vu sa lettre à laquelle je dis amen; car cette étrange créature a, je crois, le secret de lire dans mon cœur, pour vous mander précisément... | novel_340 |
Réconcilions-nous, ma chère; en vérité je ne saurais tenir rancune : pourquoi t'en voudrais-je de quelques infidélités faites, à un absent ? tant pis pour lui, et tant mieux pour d'autres : je ne vois rien là dont le genre humain doive souffrir. Je veux être infidèle aussi, et j'aurai besoin de ton secours. Ne va pourt... | novel_342 |
Je ne te dirai rien de mes autres amants, pas même de mon financier, tout risible qu'il est. Mais je t'avouerai que j'ai copié une partie de ta lettre pour montrer à différentes personnes d'ici les amours de notre bonne sœur Brigitte : on les a trouvées plaisantes, et l'on en a beaucoup ri, à l'exception de Mme Parango... | novel_349 |
Je suis ici avec ma drôlesse come je ne conte pas de pouvoir lépouzer a coze de son frair e dune Dle Lore file entretenu e peu taite pis je la trete come une vile prize dassot e je ne la ménage pas je lé traitez hiair au soir comme une G-use pour que la reconsiliation me vaille ancor queque chose. Je la done pour ma Fa... | novel_350 |
Je viens d'apprendre, cher ami, que je suis quitté. Que me fait cela ? Je ne voulais diriger, que pour te rendre plus heureux; mais si c'est la belle Parangon qui dirige à ma place, elle fera cent fois mieux que moi. Je t'avouerai que je ne m'attendais pas que ta femme aurait jamais ce directeur-là ! C'est pourquoi, je... | novel_351 |
Il y aurait de la cruauté ! Attends mon retour : ne te rends à aucune sollicitation. Les femmes ne t'ont pas assez bien conduit jusqu'à présent pour que tu les écoutes. Surtout ne dérange pas mes projets au sujet du marquis, par ta bravoure enfantine, comme toutes tes autres vertus. Car en vérité, tu n'es qu'un grand e... | novel_352 |
Voilà comme se passent toutes les visites de J. Marsigni; à sa maîtresse, pas un mot; mais à mes sœurs et à moi, c'est toujours quelques politesses à sa manière; il nous ôte tout des mains, pour nous empêcher de le porter, et nous repousse si fort, que l'autre jour Christine manqua d'en tomber, en nous disant : « Ôtez-... | novel_356 |
Le pauvre garçon était hors de lui-même. On m'a dit qu'après l'ordre donné, il s'était jeté aux genoux de son maître, et qu'il lui avait souhaité mille bénédictions. De ce matin, la somme dont je puis disposer est augmentée. Farisar m'assure que M. le marquis instruit de l'usage que j'ai fait du peu que j'avais, en a é... | novel_363 |
Quels charmes touchants ! Ah ! si j'étais assez fortuné pour que vous me donnassiez un moment d'audience, je crois que vous seriez contente des choses que je vous dirais ! Je suis encore page, mais j'ai les plus brillantes espérances. Je vous en prie, voyez-moi : si vous avez un vieux mari je vous consolerai, si c'est ... | novel_364 |
comment ! est-ce qu'il aurait... (je n'ose écrire une expression aussi libre et aussi grossière.) Ah ! dans ce cas-là, c'est autre chose, et je ne dis plus rien ! -- Eh non, madame, a dit Lagouache en riant d'une manière qui, pour la première fois, me l'a fait paraître sot, je me porte aussi bien que vous. -- Mais que ... | novel_365 |
Voilà, ma chère sœur, le récit fidèle de tout ce qui s'est passé : car cette lettre de l'excellente dame est d'avant-hier. Je te prie de lui présenter la terrible lettre que je te confie, mais avec prudence, en l'assurant de mes très humbles respects, et tâchant d'affaiblir sa douleur, qui, je crois, ne le cédera pas à... | novel_366 |
Il leur restait pourtant assez de raison pour nous bien enfermer, et aussi-tôt mes rats de se mettre à la sape. Le trou étant honnête, et minuit étant sonné, il fut question d'essayer nos forces pour faire sauter la pierre qui fermait notre sépulcre, je dis mal-à-propos, nos forces, on fit si peu de cas des miennes, qu... | novel_367 |
Q Uel coup affreux vais-je porter à votre cœur, ma chère et tendre amie! Quel coup pour Milord, qui semblait les avoir prévus! N'ai-je point à me reprocher mon obstination à conserver la fatale confiance qui m'a perdue; lorsqu'un homme tel que lui m'en disait assez pour m'avertir qu'elle me conduisait au précipice? Mai... | novel_376 |
Je suis revenue, et l'on m'a remise au lit. Il a passé la journée auprès de moi, ne souffrant pas que je reçusse aucun service que de sa main. J'en conviendrai, je me résignais à mon sort, et je cherchais à prendre pour un homme que je regardais comme mon mari, les sentiments que j'allais lui devoir. Il a profité de ce... | novel_379 |
Madame et très respectable amie, Je prends la liberté de vous écrire, dans l'ennui que me laisse votre absence; car, en vérité, il me semble que du depuis que je vous ai vue, ce ne soit plus ici chez nous, puisque je m'y ennuie, et m'y trouve étrangère, mais que c'est où vous êtes qu'est mon pays; aussi suis-je bien fâ... | novel_380 |
Une perspective plus riante que nous ne l'avons eue depuis longtemps se présente, ma très chère sœur. Edmond est veuf de cette vieille dame que M. Gaudet lui avait fait épouser, et nous avons, pour le rappeler à celle qu'il a seule constamment aimée, cette Zéphire, qui est honnête aujourd'hui et avantageusement établie... | novel_381 |
Y a-t-il au monde, très chère madame, une famille aussi infortunée que la nôtre ? Ô mon Dieu ! ayez pitié de nous et de nos pauvres enfants !... Quand je reçus la lettre de la sœur Ursule, il y avait déjà trois semaines qu'il courait un bruit sourd dans le pays, et les enfants disaient entre eux, sans qu'on entendît au... | novel_382 |
Je crains, mademoiselle, que mon billet d'avant-hier ne soit pas tombé entre vos mains : c'est ce qui fait que je vous en fais remettre un second, où je vais vous renouveler les propositions que renferme le premier. (Elles étaient les mêmes.) Mais comme je me suis informé de vous, et que je n'en ai reçu que de bons tém... | novel_385 |
(je l'entendis). -- Ma foi, monsieur, ma maîtresse, Mme la marquise votre femme, est la plus respectable dame que j'ai vue de ma vie. C'est une sainte et je ne veux plus être, employé à son service, que pour l'honorer et me recommander à ses prières. -- Elle t'a séduit, mon pauvre sot ! Va, c'est une rusée coq... -- J'... | novel_386 |
Il est joli comme tout, chère petite sœur; et vous le croirez, quand vous saurez que c'est bien plus le portrait de son oncle que de son père : ce qui vient, je crois, de ce qui s'est passé au sujet d'Edmond, pendant que l'enfant était dans mon sein; car j'avais toujours Edmond devant les yeux du corps ou de l'esprit p... | novel_389 |
Tu obéiras, petite fille, me dit ma seconde mère, en me donnant un petit coup de sa main sur laquelle je me jetai, que je baisai vingt fois. Par exemple, me dit-elle, nous aurions dû en bonne règle tuer le veau gras, car ton époux a quelque ressemblance avec l'enfant prodigue: cependant il faudra te contenter de la moi... | novel_390 |
Pardon, Madame, ajouta-t-il, je devais réprimer ce transport. Si je n'avais à me plaindre que d'un malheur, il me semble que je ne daignerois pas m'en affliger; mais j'ai à pleurer des fautes, et l'infortune accompagnée du remords, est un mal contre lequel le courage se trouve impuissant. Il est peu de faute qu'un repe... | novel_391 |
Quoique vous en disiez, les raisons de Mme Parangon valaient mieux que les vôtres; je le sens à n'en pouvoir douter. Cependant elle s'y est rendue, et au moyen de ce que la nourrice demeurera ici, je puis me donner les mêmes avantages, que si je nourrissais mon fils. Le marquis m'impatiente, Edmond aussi; je les brusqu... | novel_392 |
Nous fondons en larmes; vous venez de briser nos cœurs !... Enfant, qui m'étonnes, et de qui j'attends tout un jour pour mon ami, dis-moi, où as-tu pris ta vertu !... Elle est naturelle à l'homme, tu me l'as prouvé. Innocence, pureté, naïveté, candeur, générosité, charité, tu as toutes les vertus, et jusqu'à la prudenc... | novel_395 |
Voilà mon sein flétri... Voilà mon orgueilleuse beauté ternie... me voilà pâle, éraillée, couverte de rougeurs, de boutons, n'ayant plus dans mes veines qu'un sang ardent, échauffé, corrompu... Où est le temps de mon innocence !... Maudit sois-tu, chien d'Edmond ! je te maudis ! maudite soit ta Parangon, et sa passion ... | novel_401 |
De tous les maux dont la nature peut accabler un misérable mortel, aucun, aucun n'a manqué à mon malheureux frère ?... Aucun ne m'a été épargné, à moi-même, infortunée, hors la mort, que mon frère a trouvée... Je le vois bien; c'est notre sang qu'il faut aux mânes paternelles; les deux parricides doivent périr : ce que... | novel_403 |
Songez donc à vous conformer à ce que je vous prescris. Si vous l'avez réellement subjuguée, elle ne vous en sera que plus acquise; si vous n'avez fait sur elle qu'une impression légère, vous éviterez le malheur d'être un jour renfermé, dans le cas où vous viendriez à lui déplaire. L'intérêt que je prends à vous, m'eng... | novel_405 |
Nous n'avons pas un moment d'inutile, sous la direction de Mme Canon; et depuis que Mme Parangon est avec nous, elle ne diminue pas notre occupation, mais elle y répand un charme, qu'elle seule peut donner. Le matin, en nous levant, nous faisons la prière; puis nous dessinons d'après les meilleurs modèles : nous peigno... | novel_407 |
« Eh ! que veux-tu que je lui pardonne ! ne m'en ôte-t-il pas les moyens !... Je ne pus lire cette étrange lettre, sans une vive émotion ! Si je l'avais eu lue avant mon malheur, il ne serait jamais arrivé; elle m'apprenait à quel homme j'avais affaire et je me rappelai ce que votre père m'avait dit à V ***, qu'Edmond ... | novel_412 |
Je vais quant à présent vous parler un peu de nous, de l'heureux événement, et d'Edmond, qui nous quitte demain matin, après avoir passé chez nous huit jours, qui ne nous semblent à tous qu'une minute, tant il nous amuse et nous plaît : ce qui a fait dire ce matin en riant à notre bon père, en parlant à notre digne mèr... | novel_413 |
Mon frère la regardait, sans savoir que je l'examinais : je ne l'en crois pas si dégoûté qu'on croirait bien, et que Mme Parangon le pense; car il la regardait, ce me semble, avec bien du plaisir ! je ne sais pas, mais cette fille-là est très aimable, et si j'étais garçon, il me semble qu'une figure comme ça me ferait ... | novel_414 |
Une grande fortune est souvent un malheur, parce que l'amour de l'héritage plus que de l'héritière peut engager un mal-honnête homme à se masquer et à se contraindre, jusqu'à ce qu'il ait attiré dans ses filets, la proie qu'il veut dévorer. A présent que je serai pauvre, je ne vaudrai plus la peine d'être trompée, je p... | novel_415 |
Vous êtes adorable, mademoiselle; et quoique je le sache très bien, j'imagine que vous le savez encore mieux. Cependant, je le sais, pour ma partie, aussi bien qu'il est possible; et la preuve, c'est la manière dont je vais vous apprécier : je vous ferai douze mille livres de rentes, assurées pour toujours, et je vous ... | novel_417 |
Pardon, mon généreux protecteur, ajoutai-je, je ne puis penser sans frémir, qu'il ne me restera bientôt que le funeste pouvoir de vous associer à mes malheurs et à mon indigence; car enfin, Monsieur, je n'ai d'autre moyen de sauver ma mère que d'abondonner à son époux les biens qui m'ont attiré sa haine, trop heureuse ... | novel_423 |
Il n'est point de méprisable succès, lorsque les vues sont remplies. Prends donc la juste opinion que tu dois avoir de mon adresse et de ma capacité. J'échouais par les moyens ordinaires avec la sœur et avec le frère lui-même, auquel il n'était pas facile de faire entendre raison; une confidence entière, quoiqu'à son a... | novel_424 |
Le vieillard avait retrouvé sa fille : l'infortunée !... Il avait résolu de la poignarder. Un domestique, touché de compassion, a procuré à la signora le moyen de s'évader ! Elle a fui et est tombée entre les mains du secrétaire du prince de**, qui ayant su qui elle était, se proposait d'en prendre soin. Mais vers le s... | novel_426 |
Manon me témoigne bien de l'amitié ! elle me dit quelquefois : « Vous êtes la sœur bien-aimée de mon mari; vous le remplacez quand il est absent; je crois, d'ailleurs, par votre ressemblance, le voir en fille à côté de moi... » Je porte à présent des souliers et des mules, où en vérité je n'aurais pas cru pouvoir mettr... | novel_428 |
J'ai été forcée de quitter ma plume pour laisser le temps à cette dernière réflexion de se développer dans mon esprit. Effectivement j'ai trop compté sur le bonheur: il me semblait que celui que je me promettais était mon ouvrage; je suis sortie sans m'en apercevoir de cette dépendance de Dieu où il semblait qu'une lon... | novel_430 |
Il faut avouer que mon nouvel amant vient très à propos. Edmond et moi, nous avons horriblement dépensé ! Il a joué, moi aussi, et nous avons été la dupe d'escrocs. Edmond est furieux : il voudrait (et moi aussi), pour le double de la perte, savoir le secret de ces honnêtes messieurs, seulement pour qu'ils ne pussent s... | novel_431 |
D'abord, ma très chère sœur, j'ai bien relu vingt fois le petit écrit de Mme Parangon : et je trouve ça bien dit, bien tourné ! Oh ! la chère dame ! comme elle épanche ses sentiments ! Il paraît qu'elle a écrit ça comme notre père dit que le Roi David faisait ses psaumes, où il exhalait tous ses sentiments, ses repenti... | novel_433 |
Dès le lendemain de votre lettre, il trouva chez moi un jeune capitaine de dragons, que j'ai connu page, un financier, un ambassadeur et un abbé. Je m'attachai à montrer des préférences au capitaine, à faire des signes d'intelligence au financier; à marquer une haute considération à l'ambassadeur et à parler souvent à ... | novel_436 |
Je visite une fois chaque jour toutes les nourrices; je veille à la sûreté, à la santé, à la propreté de ces enfants: cela a mis notre village en réputation pour les bonnes nourrices; les Négociants de Bordeaux les plus aisés, envoient ici leurs enfants, cela a mis nos paysans fort à leur aise; il n'y a de vrais pauvre... | novel_437 |
Je mets la charrue devant les bœufs, comme on dit ici; car à présent je vais vous parler de choses précédentes à tout ça. Et d'abord, je commence par l'arrivée d'Edmond, qui a été moins triste que celle de l'autre voyage ici; car on était tout occupé de moi et de mon fils. Le premier de février, je me sentis arrivée à ... | novel_442 |
P.-S. -- De Laure, à laquelle cette lettre fut remise : Je viens à l'instant de recevoir une lettre de M. Lagouache, qui m'est adressée, sous enveloppe, pour que je te la fasse parvenir, chère cousine : je l'ai copiée exactement dans sa belle orthographe, car je garde l'original, pour le montrer à M. Gaudet, et le fair... | novel_444 |
Je trouve enfin la force de vous écrire ! Le coup est affreux : mais il n'est pas au-dessus de votre vertu. Je vais vendre tout ce que je possède, et le placer ici : faites-en autant, et venez m'y joindre. Nous y vivrons ensemble; tout nous sera commun, jusqu'à la douleur et aux larmes. Quittez ce pays, que vos mœurs h... | novel_447 |
Je finis aujourd'hui cette longue lettre. Edmond reste décidément ici, mais seul; M. Gaudet nous accompagne : cet arrangement concilie tout. Nous partirons sous deux ou trois jours. Je brûle de vous embrasser tous, ma chère Fanchon ! Mais si, après monsieur, cet embrassement a quelque douceur pour moi, je la devrai à M... | novel_449 |
Pendant qu'Ursule a lu la première lettre, notre, père paraissait enflammé; il ne se pouvait tenir tranquille, et la colère étincelait dans ses regards. Notre pauvre mère, elle, fondait en larmes, levait au ciel ses mains jointes, ou les tenait baissées, comme de honte. Tous nous autres étions dans un état terrible, et... | novel_451 |
Premièrement, les effets du spectacle dramatique sur les mœurs sont toujours nuisibles, quelle que soit la pièce, au moins à une partie des spectateurs : car si la pièce est l' Ecole des maris, par exemple, tous les spectateurs y apprendront qu'il faut que les femmes soient telles que nous les voyons de nos jours, libr... | novel_454 |
Nous sommes assez bien, M. Parangon et moi, depuis quelque temps; je le seconde de tout mon pouvoir, et nous travaillons tous deux, comme pour éviter que le diable ne nous tente. J'ai fait une Annonciation pour un maître-autel, et j'ai cherché partout une figure de vierge bien agréable et bien angélique : j'en aurais b... | novel_456 |
Les murailles de la cour n'étaient pas fort hautes, et si le geôlier eût voulu nous laisser passer la nuit dans cette cour, je n'aurais pas désespéré de les franchir; mais c'était un acte qu'il ne fallait pas attendre de sa courtoisie. Sur la fin du repas le geôlier nous dit que nous étions libres de disposer de notre ... | novel_461 |
Avouez que je dois beaucoup à Dieu pour l'heureuse prévention qu'il a fait naître en ma faveur, dans le cœur des personnes auxquelles j'ai un si grand intérêt de plaire. Je n'abuserai point de cette grâce, ne m'en servirai que pour acquérir les vertus qu'on me suppose. Hariote veut un détail exact du passé, du présent;... | novel_462 |
Voilà de vastes projets ! J'ai résolu de les remplir par tous les moyens; en un mot, de voir tout ce que l'on peut faire en bravant tout, et quel est le terme où l'on est arrêté. Seconde-moi : je ne suis pas fâché que tes petites passions de femme viennent à mon secours; elles en font quelquefois davantage que toute l'... | novel_463 |
Ce travail allait devenir trèsavantageux aux propriétaires, en mettant en valeur des terres incultes; mais il n'en reviendrait d'autre avantage au cultivateur, que celui de faire hausser le prix de sa ferme, peut-être de sa taille. Pour remédier à ces deux inconvénients, M. Duboc le cadet (c'est le nom du Vicaire,) se ... | novel_471 |
J'ai quelques affaires à Windsord, lui dit-il, et j'y puis dîner aussi bien qu'ici; je vous offre la croupe de mon cheval, et comme j'ai l'honneur d'être fort connu du juge de paix, j'espère qu'il rendra à Mademoiselle toute la justice qu'elle mérite. Je ne demande qu'une récompense pour le service que je lui rendrai, ... | novel_472 |
C'était un homme de cinquantecinq ans, qui venait jouir dans son pays d'une fortune immense, qui était le fruit de son industrie. Les tuteurs de la jeune Derby la rappelaient en Angleterre, et on crut devoir la mettre sous la direction de M. Hervé pendant le voyage. Ce fut dans ce court espace, qu'il conçut le dessein ... | novel_483 |
19. Il a l' An deux mille quatre cent quarante, etc.; mais il n'a ni la Dunciade, ni Clément, ni Gilbert, ni... etc. 20. Il a Moréri. 21. Les Lois romaines. 22. Les Lois françaises. 23. Les Projets de réformation, que je ne regarde pas comme des chimères, ainsi que le fait un certain auteur prétendu comique, dans une c... | novel_489 |
Un chapelain, muni d'un pouvoir des deux curés, et du consentement de mes père et mère, est venu me fiancer au porteur d'eau le septième jour; et le lendemain huitième, nous avons été mariés. C'est alors que ce malheureux m'a traitée en esclave; il attendait qu'il eût pour lui les apparences du droit pour me maltraiter... | novel_492 |
L'histoire ancienne dans les sources; le trop estimé Rollin l'a gâtée, c'est mon avis, que j'appuierai sur des preuves, quand on voudra. 1. Les historiens grecs, savoir Hérodote, Thucydide, Xénophon, Polybe, Diodore de Sicile, Denys d'Halicarnasse, Joseph, Philon, Plutarque, Arrien, Arpien (qui est peu sûr, ainsi que) ... | novel_493 |
J'aurais pu m'adresser à Ursule, ou à Mme Parangon : mais votre frère a voulu que ce fût à vous que j'écrivisse, parce qu'il désirerait savoir je ne sais combien de choses, au sujet des aimables arrivées, et il vous prie de me les écrire en toute confiance; leur santé, leur situation, rien ne lui doit être caché. Mme P... | novel_494 |
Pardonnez-moi cette anecdote, ma chère, c'est un témoignage que je n'ai pu m'empêcher de rendre au bon esprit de notre libérateur. Il nous obtint des passe-ports; fournit au Capitaine assez d'argent pour me rembourser de celui que j'avais avancé et que je fus obligé de reprendre pour ne pas offenser cet honnête homme q... | novel_496 |
N. Mme Parangon écrivit à Edmond le 15 juillet suivant; Ursule s'y joignit, mais la lettre fut interceptée par Zéphire : c'est la CLVIIème du PAYSAN). Un an après Edmond apprit du P. Gardien que sa cousine lui avait écrit (CLXIème lettre du PAYSAN); mais il prit cela d'une manière fausse, quoique conforme à ce qu'il mé... | novel_498 |
Ensuite, je lui prenais les mains; je les baisais, je le suppliais de m'épargner... effet de ces scènes répétées était terrible sur lui. J'y ai mis le comble, en paraissant recouvrer ma raison : mon premier mot a été de le bannir sévèrement de ma présence !... Oh ! que cet ordre m'a coûté !... mais il le fallait... Il ... | novel_504 |
Elle croit que ce qui vient de m'arriver est une juste punition du Ciel, dont elle s'accuse elle-même d'être l'auteur, ainsi que mon frère : c'est fondante en larmes qu'elle s'est chargée de tout mon malheur. Hélas ! je suis plus coupable qu'elle (si quelqu'un l'est, outre le marquis) !... Et mon orgueil a fait bien pl... | novel_508 |
À présent, il faut parler de moi. Je t'avouerai que je suis un peu curieuse; c'est ce qui fait que je sais bien des petites choses qu'on ne se doute pas que je sache. Telle est par exemple la recherche de M. H..., le conseiller : j'entendais hier Mme Parangon qui parlait de lui à sa tante, et qui lui disait qu'elle ava... | novel_515 |
Et depuis ce moment, que nous voyons la conduite d'Ursule, nous en sommes dans l'édification ! car c'est la conduite d'une sainte : et notre bonne mère surtout l'admire, et la regarde comme avec respect. Le lendemain de l'arrivée, notre bonne mère, notre père lui-même, et nous tous étions bien curieux d'entendre la rel... | novel_526 |
Quant à la respectable amie que vous voyez, et qui honore de sa visite votre maison en ce jour, je lui ai toujours dû tout ce que j'ai eu de bonheur, et de bons sentiments... » À ces paroles, notre mère a été baiser les mains de Mme Parangon, et s'allait mettre à ses genoux, si elle n'en eût empêché. Pendant ce temps-l... | novel_529 |
Il paraît que les comédiens Italiens l'ont senti, lorsqu'ils ont arrêté que les pièces seraient examinées deux fois. Je trouve qu'ils ont eu raison par rapport à eux; puisqu'ils risquent tant à se charger de pièces nouvelles ! mais des gens qui ont avili deux fois le bon Henri sur leur théâtre, qui ont admis des Mariag... | novel_530 |
Mais il est bien temps de vous tenir en inquiétude, en m'amusant à discourir. Le Baron se douta d'abord de la vérité de cette rencontre et répondit à ses compatriotes. Des malheureux dont l'infortune est pareille, ne doivent point s'alarmer mutuellement. Vous êtes prisonniers François, Messieurs, et vous cherchez comme... | novel_533 |
D'ailleurs vous ne gagneriez rien à montrer ma lettre, le bon Ecclésiastique qui veut bien la porter l'a copiée de sa main, je pourrais la nier, et puis cette affaire si elle était prouvée pourrait conduire votre père sur un échafaud; il mériterait d'y perdre la vie, mais ce n'est pas à sa fille à l'y placer. Je pense ... | novel_536 |
Dans les villes, les femmes ont des amants, tant qu'elles sont jeunes et jolies : je suis fille, je suis moins coupable qu'elles, si elles le sont; je tiens une conduite louable, si elles ne le sont pas. Voilà ce que je me dis. J'observe tout le monde, même ceux qui croient la religion : ils la croient comme s'ils n'y ... | novel_540 |
Lorsqu'une partie de mes désirs sont remplis, ma très chère sœur, et qu'une partie de mes peines cessent, il m'en vient d'autres, non moins cruelles ! Où est mon infortuné frère ?... Tandis que je suis marquise, moi la plus coupable (car nous savons que sa peine flétrissante n'a été que l'effet d'un malheur), il erre, ... | novel_542 |
D'abord, on ne saurait disconvenir que ce que les moralistes nomment impudicité, ne soit un acte non seulement légitime, mais nécessaire. Cependant, avant d'aller plus loin, distinguons. Il y a une pudicité, qui est vertu; c'est la pudicité naturelle, qui consiste à ne pas outrer la faculté de jouir : la détruire, par ... | novel_546 |
J'acceptai, ne pouvant faire autrement. Mais bientôt le dégoût que me causa cet homme me le rendit insupportable. Je vendis secrètement tout ce qu'il m'avait donné, je tirai de lui le plus qu'il me fut possible, je me mis de mon mieux, et j'allai me promener au Palais-Royal, dans les allées solitaires. J'y fus enfin ab... | novel_550 |
Tous les duellistes sont en général de mauvais sujets; c'est une vérité certaine : pour les avilir, je n'ai besoin ni des lois du prince, ni de celle de la religion; je ne veux employer que le sens commun. L'origine des duels, tant cherchée, n'est autre que les combats en champ clos, ordonnés par des militaires ignoran... | novel_553 |
Madame, le crime empoisonne l'air que je respire; il dénature l'âme; il en change les sentiments; même après le repentir, illaisse laporte fermée à la tranquillité, au repos : la seule innocence peut goûter le plaisir, et trouver le bonheur : les damnés, plongés dans le gouffre de feu, ne sont infortunés que parce qu'i... | novel_554 |
« Eh bien, chère cousine, a dit Edmond, en entrant, URSULE met-elle fin à mon tourment ! -- Oui, mon ami. cette pauvre fille ne songe qu'à toi, et ta peine l'occupe bien plus à présent, que l'envie de faire son mariage. -- Serait-il possible ? Où est-elle ? m'est-il permis de la voir ? -- je ne sais. -- Ah Dieu ! Vous ... | novel_560 |
» Et je crois qu'il lui a baisé la main : car elle est venue vers nous fort agitée. Un instant après, elle est ressortie; Edmond était encore là : ils ont paru s'entretenir de bonne amitié : « Vous me réduisez à fuir ! -- Votre fuite ne m'a pas désobligé, au contraire : tout ce qui me rappelle à mon devoir, de votre pa... | novel_561 |
Nous avons donc établi depuis huit ans une espèce de noviciat. Nous ne refusons point le travail à aucun passant, nous ne leur accordons jamais d'autre secours. On offre une pioche ou quelqu'autre outil aux mendiants; les fainéants se sauvent bien vite, nous en sommes débarrassés, il s'en trouve quelques-uns qui essaie... | novel_563 |
Du calme ! de la tranquillité ! Tu ne m'écoutes pas; tu me liras peut-être ! À quoi servent les menaces, l'emportement, la fureur ? je suis de sang-froid, je vois mieux les choses qu'un homme hors de lui-même. Cette aventure est malheureuse; mais l'issue en peut être ta fortune et celle de ta sœur, sans que l'honneur d... | novel_567 |
J'avais eu l'attention de me placer de manière que mon pied allait justement toucher le prisonnier; je l'avançais en dessous, comme pour lui faire signe de ne pas remuer. Je voulais voir s'il se fâcherait, et s'il ne m'en donnerait, pas quelques marques : mais au contraire, j'ai senti qu'il le pressait tendrement de se... | novel_568 |
Silence avec nos père et mère !... Petit garçon, sachez garder votre langue; je répondais, à votre âge, aux questions, et ne parlais jamais de moi-même. » Il s'est préparé au départ, et pour le cacher à ses père et mère, il a sellé le cheval dans le pressoir. Il est parti. De ce moment, mon cœur s'est serré, et il l'es... | novel_570 |
Edmond ne lui répond pas. Il interroge : « Son nom, sa demeure : allons retrouver ? -- Crois-tu qu'il est sous notre main ? répond son ami. Il faut de la prudence, de l'adresse... -- Et il a ma sœur !... Enfer et rage ! il a ma sœur ! -- Va, nous lui ferons payer cher son audace ! Payer ! payer ! Il faut l'anéantir... ... | novel_572 |
Sir Derby votre père est né dans une famille opulente, qui craignit long-temps de voir éteindre un nom fort ancien. Madame votre tante était née la première année du mariage de votre grand-père, et le déplaisir de n'avoir qu'une fille ne fut balancé que par l'espoir qu'une seconde grossesse donnerait un fils; mais huit... | novel_574 |
par ainsi, prenez plutôt part à la joie des anges dans le Ciel, pour une pécheresse qui fait pénitence, que de vous livrer à la douleur pour votre drachme perdue; car elle se retrouve, Dieu merci ! -- Ah ! Dieu le veuille ! a dit notre bonne mère : mais que ma fille, le fruit de mes entrailles, ait été ce qu'on dit ! c... | novel_578 |
(Mais j'étais mariée alors !) Mon cœur fût touché d'une sorte de compassion : tant de charmes et de grâces seront-ils perdus ? c'est le fils de l'ami de mon père; il faut le prendre chez nous; il faut lui donner un état plus doux... Je fis parler à ses parents; je l'obtins pour le temps où finissent les travaux de la c... | novel_579 |
[Cette lettre tomba entre les mains de Mme Parangon, qui l'ouvrit trompée par la forme de l'adresse : mais ses yeux s'étant portés sur l'article du mariage proposé pour Ursule, elle le lut, et tout en reconnaissant que la lettre n'était pas pour elle, elle fut charmée qu'Edmond ne la vît pas en entier : elle en enleva ... | novel_580 |
Je vous avouerai, mademoiselle, qu'avant de m'abandonner sans réserve à mes sentiments, je me suis informé de votre famille, et que je n'y ai trouvé que des choses honorables, sous tous les points de vue possibles, soit par les ancêtres, soit par les mœurs et la bonté de vos auteurs les plus proches, comme M. votre pèr... | novel_582 |
elles que sont les danses, les cabarets, les murmures de la pauvreté. Ils ne savent plus de mauvaises chansons, on y a substitué des cantiques; quand nous allons à la veillée, on leur raconte quelques histoires à leur portée; il y a quelques paysans de bon sens, d'un certain âge, qui savent lire, auxquels on a donné la... | novel_585 |
Tandis que tu me croyais à Au**, j'étais en Italie; j'étais à *** : on me renvoyait tes lettres. J'ai dépensé les trois quarts de mon bien, pour réussir; mais j'ai réussi, et je ne regrette rien : le crime était trop odieux, pour ne pas être puni. J'ai su à Paris que le monstre avait dans sa ville une fille unique, cha... | novel_588 |
Je fus très en colère, tout en croyant que c'était une vérité; je ne pensais qu'à la possibilité d'une perte au jeu de tout ce que nous avions. Je me tranquillisai : je dînai seule, et il fallut, dès ce premier repas, demander crédit, qu'on me fit d'assez mauvaise grâce. Dans l'après-dîner, je voulus mettre quelque cho... | novel_590 |
C 'Est à genoux, Mademoiselle, que je vous trace l'horrible aveu de mes crimes, fasse le Ciel que la première bonne action que je fais dans ma vie, en vous découvrant l'affreuse trahison dont vous allez devenir la victime, fasse le Ciel, dis-je, que cette bonne action soit suivie d'un repentir sincère. Vous m'avez fait... | novel_591 |
Notre autre réputation est celle de notre esprit, de nos lumières, d'une certaine fierté de sentiment qu'on nomme noblesse de courage. Or cette seconde réputation, il y a un grand nombre de femmes qui en sont encore plus jalouses que de la première. Je profite furieusement depuis que je suis à Paris, excepté dans l'art... | novel_594 |
Ces paroles firent rougir prodigieusement le jeune homme. Je serais bien malheureux, me dit-il, si je pouvais être soupçonné de vues basses et intéressées, dans le petit service que je vous rends. Je suis pauvre, je l'avoue, mais ma pauvreté ne m'est point à charge, quoique j'aie à rougir de sa cause. Quant à ma profes... | novel_596 |
Ah ! je mœurs d'envie de rire ! Comment ! comment ! tu fais de ces aveux-là ! et tu les fais à l'homme... Oh ! pour le coup, petite cousine, la tête t'a tourné !... Gage que tu m'as craint ?... Enfant ! je t'aurais trahie ! va, jamais pour un homme, quel qu'il soit, je ne trahirais ma plus grande ennemie. Je t'envoie l... | novel_598 |
Le lendemain, nous n'avons pu nous parler en particulier : je n'en étais pas fâchée, et je fuyais les occasions. Mais j'ai voulu porter un peu de désordre dans son imagination : je lui ai donné un rendez-vous, que j'étais sûre de ne pas réaliser; le marquis en a profité. Depuis quelque temps, je tiens ce dernier au rég... | novel_599 |
Subsets and Splits
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