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Si vous vous étiez arrangée en conséquence de mes premières résolutions, changez bien vite tout cela, pensez qu'il me faut une fille pour ce petit ange. Je dirai que vous me l'avez volée, je ne m'en consolerai que par l'espérance de mettre nos biens en commun comme nos cœurs. J'ai atteint à la perfection de l'amitié, C... | novel_889 |
Reste l'honneur. Mes sentiments là-dessus ont encore cherché à s'appuyer sur ce qui existe dans le monde. J'y ai vu que l'honneur accompagnait toujours les richesses, bien ou mal acquises : j'ai bien examiné cela; je ne me suis pas trompé. J'en ai conclu qu'il n'y avait qu'un véritable honneur, celui des richesses. En ... | novel_891 |
Il est nuisible pour nos intérêts bien entendus, surtout pour ceux d'Edmond, que vous soyez femme de théâtre : il faut éviter toute espèce d'avilissement, ou ce qui est tel aux yeux du monde. Si vous avez des galanteries, il faut qu'elles aient un air philosophique, et qu'au lieu de vous avilir, elles vous élèvent au c... | novel_895 |
Nous sommes dans une si grande intimité toutes trois ici, Mme Loiseau, ma sœur Manon et moi, que nous passons ensemble tout le temps possible; et quand nous allons chez Mme Parangon nous tâchons d'y être toutes ensemble, pour ne pas manquer une occasion de nous réunir : et Mme Parangon a une si grande confiance en nous... | novel_901 |
Ma très chère cousine, comme je crains que la lettre d'un homme ne vous parvienne pas avec autant de facilité que celle d'une écriture de femme, je me joins à M... pour vous écrire. Quelque danger vous menace de la part d'un homme qui vous aime : c'est ce que M... a découvert hier soir, et ce que des circonstances part... | novel_902 |
Ursule a voulu le voir. Elle l'a prié de modérer sa douleur. Il ne lui a pas répondu; mais nous avons tous entendu sortir de sa bouche, à travers les sanglots, ces paroles « Ô misérable ! voilà donc où tu as réduit ta sœur ! » Il s'est ensuite tourné vers nous, le visage en pleurs; il nous a considérés d'un air farouch... | novel_903 |
Ah! que je périsse mille fois, plutôt que de vous exposer au moindre danger, lui dis-je! Parlez, ma chère Roselle, je suis prêt à vous suivre au bout de l'Umvers. Cherchons un asile dans lequel je puisse vous donner la qualité d'épouse; la tendresse que ma mère a pour moi l'emportera sur l'éloignement que la fille de s... | novel_905 |
Seigneur ! qu'elle est gente ! Oh ! pour celle-là, je voudrais qu'elle fût Edmée ! -- C'est aussi elle, a dit Edmond. -- Ah ! mon frère !... » Et il l'a embrassé. « Allons chez elles, a repris Edmond : car Catherine est prévenue, et pendant que je parlerai au père, vous ferez connaissance avec les filles. » Et ils y so... | novel_911 |
Roselle, depuis la mort de son père, avait vécu dans le désordre le plus scandaleux. Ce misérable usurpateur de mon bien en avait en peu d'années dissipé la plus grande partie: sa fille élevée dans la mollesse les plaisirs, n'avait pu se résoudre à y renoncer, avait cherché des ressources dans le libertinage. Au moment... | novel_913 |
Je n'oublie pas Laure..., je ne suis pas contente d'elle. Je désire beaucoup votre arrivée, par cette seconde raison. Ma belle, est-ce que vous me croyez jaloux ? Quoi ! l'homme qui sacrifierait à son ami, son bien, son honneur, tout l'agrément de sa vie (parce que l'amitié satisfaite le lui rendrait au centuple), cet ... | novel_914 |
Je me persuade que mon valet a fait ce chefd'œuvre; je n'ose frapper, dans l'idée que Roselle est au lit, qu'elle aurait peine à se lever; me voilà donc à me promener dans la rue, en long en large, comme un fou, en frappant du pied, en maudissant le valet. Enfin, mon impatience l'emporte, je retourne sur mes pas au-dev... | novel_915 |
Quelques mots d'imprécation contre le traître, lui apprirent le motif de la crainte du Notaire qui s'offrit à faire tout ce qui dépendait de lui pour réparer sa faute. Cela n'était pas possible, on avait brûlé le premier testament, il eût fallu pour le faire rétablir, un éclat qui ne convenait pas au dessein de Milord.... | novel_917 |
Du prix de tous ces brimborions de blonde, de rubans, d'étoffes riches, il y aurait de quoi faire vivre un village, un an entier. Nos servantes extasiées soulèvent ces étoffes du bout du doigt, n'osent les toucher; on dit dans le village qu'il faut que je sois une Princesse, ou la fille de quelque Président. J'aurais v... | novel_919 |
Pendant ce discours, le visage de ma mère s'était enflammé d'une indignation si vive, qu'il était aisé de prévoir la réponse qu'elle allait faire, sans bien connaître encore ce qui se passait dans mon âme, je ne pus m'empêcher d'en frémir. Elle fut pourtant plus modérée que ce misérable n'avait lieu de l'attendre, tant... | novel_922 |
Faites-nous des recrues parmi vos poupées de l'un de l'autre sexe; car les hommes s'en mêlent aujourd'hui. Proposezleur de troquer leurs colifichets contre des quenouilles une beche, jurezleur, promettezleur qu'elles trouveront dans des occupations pareilles aux nôtres, la guérison de leur ennui. Dites à ces savants qu... | novel_925 |
M On malheur est contagieux, il s'est répandu sur ce que j'ai de plus cher. Fasse le Ciel que les suites en soient moins funestes que je n'ai lieu de le craindre. Le départ de Milord semble m'assurer qu'on vous a cru sans danger. La solidité de votre amitié ne m'a point surprise, non plus que l'adresse avec laquelle vo... | novel_928 |
Il les dévore par considération pour Clarice; on le pousse à bout, le fils Harlove le force à se battre, est vaincu, reçoit la vie du vainqueur, et n'en est que plus animé contre lui. Clarice instruit Miss Howe de tout ce détail. Cet original dont je suis un peu la copie, veut faire avouer à Clarice qu'elle aime Lovela... | novel_931 |
Chère amie ! je ne veux pas que tu saches mes malheurs par d'autres que par moi; on pourrait te les affaiblir, en te les racontant; je veux te les peindre tels qu'ils me sont arrivés. Ils sont une punition du Ciel : si je n'avais rien écouté; si je n'avais pas souri au crime, aurait-il jamais osé porter la main sur moi... | novel_932 |
Dès que j'ai été libre, je suis revenue seule, et je l'ai découvert. Sans me plaindre, je l'ai embrassé, je l'ai fait asseoir à côté de moi. « Pourquoi m'épies-tu ? Ne veux-tu pas mon bonheur ? -- Oui, je le veux : mais... -- Laisse-moi donc le faire à ma fantaisie; si tu me gênes, même en me donnant des plaisirs, tu l... | novel_933 |
Un jour Mme la comtesse sa mère vint voir mon fils. Elle me le demanda. Je lui dis mes raisons pour le garder, et elle s'y rendit. Mais quelque temps après, elle revint à la charge : malheureusement mes amis avaient agité devant moi l'importante question, si je devais confier mon fils à cette dame ? Et ils s'étaient dé... | novel_934 |
Elles ont au moins deux grandes fenêtres exposées au meilleur air. Pas une seule crapaudiere; on a tout mis de niveau, l'on a pourvu à l'écoulement des eaux. Les fumiers sont à une distance raisonnable, tous ramassés en quatre tas. Ma belle-mère m'a dit qu'au commencement les paysans des villages voisins venaient les e... | novel_937 |
Q Ue Dieu bénisse une conduite justifiée ou du moins excusée par des motifs si nobles et si chrétiens, c'est la seule réponse que je ferai à votre dernière lettre. Milord espère que son silence à cet égard vous encouragera à continuer de l'informer de votre situation; c'est à ce seul détail qu'il forme ses demandes, et... | novel_938 |
Quand nos paysans ont été bien convaincus de l'avantage de la communauté, j'ai retiré mes bêtes; il faut éviter de donner lieu de croire à ces gens grossiers, qu'on ait eu en vue son intérêt particulier, dans les choses qu'on établit pour le bien général. Ils voient par leurs yeux que je n'ai point augmenté mon bien, d... | novel_939 |
A l'instigation d'une personne dont il importe peu de savoir le nom, j'ai calomnié deux Dames en qui j'ai toujours reconnu la vertu la plus pure. Il est faux que Madame Mademoiselle Derby m'aient jamais sollicité d'attenter à vos jours comme je vous l'ai méchamment déclaré; le poison que j'ai déposé chez les Juges, m'a... | novel_941 |
Le refus de mes parents est absolu, mon cher amour il faudra en venir à ce que nous avons projeté. Je ne suis inquiète que du chagrin que je vais causer à mon frère. Il faudra que je disparaisse seule, afin qu'on n'ait aucun soupçon à ton sujet : car mon frère est terrible dans ses premiers moments. Si je n'étais pas b... | novel_943 |
NON, ma chère, tenez vous où vous êtes, vous y faites une meilleure figure qu'ici. Comtez moi, je vous prie, parmi vos prosélytes, si vous ne pouvez engager les autres à exécuter en grand vos bons projets, nous tâcherons d'en offrir des modèles en petit. Je ne veux pas prévenir la réponse que vous demande ma chère fill... | novel_944 |
(Madame Derby écrit. ) Oui, ma chère fille, les vertus ont des bornes qu'on ne peut franchir sans tomber dans des extrémités condam- nables. Je ne me rappellerai jamais, sans verser des larmes de tendresse, que c'est à ma sûreté que ma Clarice à sacrifié son immense fortune; qu'elle a joint à ce motif si digne d'admira... | novel_952 |
Elles disent que tout ce qu'on souffre dans la grossesse est autant de rabattu sur la couche, vous avez beaucoup souffert. A ce compte je devrais trembler pour moi-même. Je ne sais ce qu'est devenue cette complexion délicate dont on me plaignait autrefois; je prends de l'embonpoint sans perdre rien de mon agilité, je d... | novel_954 |
Tous ces villages policés ne valent pas le vôtre : on a beau y fêter les seigneurs, ils ont beau faire du bien, la manière dont ils le font, empêche qu'on ne les aime. Je m'applaudis de ce que vous n'êtes pas née dans ces derniers endroits; vous en avez l'âme plus noble, vous en êtes plus capable des grandes choses. À ... | novel_955 |
D'autres fois (et c'est pendant le jour, lorsque je me jette accablée sur un lit de repos), je crois qu'un furieux qui se cache, me plonge un poignard dans le sein. Je le regarde; je lui tends des mains suppliantes. Je tâche de le fléchir. Il frappe !... » Encore ce crime, dit-il : il le faut. La voilà punie, ma compli... | novel_958 |
C'est que ces romans, proscrits de notre bibliothèque, couvrent actuellement ma table, qu'il y en a plusieurs dont la lecture peut procurer quelque utilité, qu'on en pourrait tirer les plus grands fruits, si on les faisait comme il faut. Je sais que vous allez vous récrier sur le temps perdu; pour me venger, je vous so... | novel_960 |
Ne devroitelle pas vous engager à faire un effort en ma faveur? Vous l'aurez le reste de votre vie, une année serait-elle trop pour moi? Je sens toute l'indiscrétion de ma demande, de plus, quand j'obtiendrais de votre tendresse cet héroïque sacrifice, la fermeté de notre mère le rendrait inutile; elle se croit appelée... | novel_965 |
Je vous vois d'ici froncer ces deux beaux sourcils, qui se prêtent si bien à vous rendre majestueuse, quand vous le voulez : « Que me débite-t-il là, lui, dont les principes relâchés admettent tout ce qu'il dit qu'inspire la comédie représentée ? » Vous avez raison, charmante fille : mais j'ai raisonné d'après les idée... | novel_966 |
Ma treschere Mere, JE m'abandonne absolument à votre prudence, à celle de Milord, sur ce qu'il convient de faire, par rapport à mon bien, je vous envoie un blanc signé que vous remplirez comme vous le jugerez à propos. Je n'ai pas assez d'orgueil pour préférer mes lumières à celles de ma vertueuse mère; elle connaît to... | novel_967 |
Cet état a des douceurs, Madame, mais il faut les avoir éprouvées pour les imaginer. Si le Ciel donne à nos enfants la bénédiction des Patriarches, une nombreuse famille; ils pleureront sur leur postérité qu'un grand héritage arrachera sans doute à la vie tranquille innocente, dont ils auront joui eux-mêmes. Ma chère C... | novel_970 |
On me consola en m'apprenant que j'avais mon recours sur celui qui m'avait fait arrêter, que je pourrais le force à me payer mes frais, en le faisant mettre à ma place. Beau raisonnement! Ceux qui le faisaient savaient fort bien que c'était la chose impossible, puisqu'il était passé en France, que d'ailleurs, comme l'o... | novel_971 |
Ma chère cousine j'ai si peu de rancune, surtout avec les personnes dont je sais que je suis aimée, autant que je les aime, que tu vas être mon conseil, en une circonstance bien scabreuse ! Il s'agit de mon mariage, avec ce M. Lagouache que tu n'aimes pas, et que j'aime beaucoup. Je pourrais profiter du consentement qu... | novel_972 |
Voilà mot pour mot ce qui m'a été répondu par un honnête hable homme à qui j'ai débité votre sermon, pour commencer à remplir la mission dont vous m'avez chargée. N'allez pourtant pas croire que j'adopte aveuglément ses idées. Il est vrai que je suis restée muette comme un poisson, en sa présence; je ne trouvais rien à... | novel_976 |
Le jour me surprit dans ces pensées; on m'ouvrit la porte de ma chambre, elle donnait sur une grande cour, on me fit entendre que j'avais la liberté de m'y promener. Ce léger adoucissement me toucha peu, je restai immobile à la même place sans rien souhaiter, sans rien prévoir, sans faire la moindre attention au bruit ... | novel_977 |
C'est ainsi, belle Ursule, que vous irez à la gloire. Placée par le sort dans une condition obscure, vous étiez condamnée à y rester, si je n'avais pas découvert la passion du marquis, et si je ne l'avais pas déterminé à vous enlever Pour vous aguerrir. Il fallait ce coup décisif, pour vous tirer de chez les Canones et... | novel_982 |
Mais le page ne me donnait pas de relâche : il me jurait qu'il était le plus heureux des hommes, et que je le mettais hors de lui; il a fallu écouter tout ce qu'il avait à me dire, et il n'a pas eu sitôt fini. Enfin, je l'ai renvoyé, sous prétexte que mon frère allait rentrer. « Est-ce bien ton frère ? -- Tu ne me fera... | novel_983 |
Je me rétablis enfin, assez pour me lever; et le marquis, au lieu de tenir sa parole, allait sans doute recommencer ses attentats, quand un soir, j'entendis beaucoup de bruit à la porte de ma chambre. Mes deux geôlières allèrent voir ce que c'était. Au même instant où elles ouvrirent la porte, je vis mon frère se préci... | novel_988 |
C'est vous annoncer que Milord avait à peu près deviné. Je dis à peu près; le coup de roman n'est pas parfait, car on dit que dans ces sortes d'ouvrages, l'amour est presque toujours une surprise. Le Marquis venait ici pour y être amoureux, son père l'avait chargé de n'y pas manquer, et j'étais ce gouverneur qu'il souh... | novel_990 |
La débauche est un crime contre la nature; et quoique les femelles des animaux paraissent donner dans une sorte de débauche, lorsqu'elles sont en chaleur, cela ne convient point à la créature humaine qui est douée de raison. C'est pour avoir suivi la conduite des bêtes que les nègres, qui en approchent beaucoup, et que... | novel_991 |
Il m'appelait à suivre strictement la vie de nos paysans. Puisqu'il a permis que je fusse absolument, ou presque absolument dépouillée de tous mes biens, j'ai dû regarder ce dépouillement comme un ordre absolu, je m'y suis soumise de bon cœur, parce que c'était sa sainte volonté. J'ai cru sans hésiter que ce genre de v... | novel_1001 |
Madame, M. le marquis m'a aimée; et quoiqu'il ne m'aime plus, puisqu'il est votre mari, il a conservé des égards pour moi, auxquels je ne suis pas insensible : mais quelles que soient ma reconnaissance, et ses dispositions, je remettrais son sort entre vos mains, s'il le faisait dépendre de moi, et j'oserais vous deman... | novel_1002 |
» Et il lui a présenté la main, ajoutant : « Je vous fais cet honneur, comme encore un peu étrangère, par le grand laps de temps que vous n'êtes plus parmi nous. » Notre bonne mère a tressailli de joie, et il semblait que Mme Parangon, elle-même, fût comme pénétrée de respect pour notre père. Ce que nous remarquions to... | novel_1005 |
Mais si je loue les auteurs dramatiques, certainement je ne louerai pas le public spectateur ! Dieu ! quels automates les talents ont pour juges ! et qu'il est peu flatteur d'exciter leur applaudissement ! Comment les gens d'esprit que j'ai nommés en dernier lieu, peuvent-ils se résoudre à travailler pour cette hydre à... | novel_1008 |
Voilà, ma chère mère, la famille à la tête de laquelle on veut me mettre, malgré mon incapacité. Notre hameau pourra être considéré comme une seule famille. Plaise à Dieu de bénir cette œuvre, s'il bénit mon mariage de plusieurs enfants, je lui en demande un qui veuille se consacrer à cette œuvre, pour réparer les faut... | novel_1010 |
Lagouache a été obligé de sortir avec elle, et il l'a fait pour montrer sa douceur à nos voisins. Lorsqu'il a été parti, j'ai dit à Marie que je voyais, bien que cette femme était gagnée par monsieur; que je la priais d'aller aux écoutes, pour savoir s'il n'y avait pas quelque dessous de carte qu'il m'importait de conn... | novel_1014 |
Depuis quelques mois ma profession m'ayant ouvert l'entrée de quelques bonnes maisons, je me suis procuré des livres Anglois, je commence à les entendre, et je regrette de n'avoir pas eu occasion de commencer cette lecture plutôt, il y a un si grand nombre de bons ouvrages dans votre langue, que mon seul devoir m'arrac... | novel_1018 |
Mon cher Pierre, et ma chère Fanchon, C'est à vous que je m'adresse de préférence, pour vous annoncer la maladie où le désespoir a réduit votre cher frère Edmond. Dès qu'il vous eut écrit la lettre, qui vous annonçait la mort de sa femme, une fièvre violente le saisit, et dans la même soirée il eut le transport. Je ne ... | novel_1020 |
Voilà ma chère sœur, ce qui vient de se passer. J'ai oublié de te dire que M. Loiseau n'est pas de retour de Paris, où il est resté, pour les affaires des défunts, et de leurs enfants. Nous voici enfin seuls, au milieu des débris de notre famille. Mon mari est toujours sombre et pensif : mais soumis comme il l'est aux ... | novel_1023 |
Il va terminer en huit jours ce qu'il n'aurait pas fini en six mois, et le tout pour avancer le plaisir de son Hariote. Oh, cet épouxlà n'est point fait comme les autres; et si aimer son mari est une faiblesse, en vérité la mienne sera pardonnable. Je ne sais pourquoi je mets cet amour au futur, il ne faut pas qu'une m... | novel_1024 |
Vous savez l'heureuse conclusion de nos aventures; je crains bien d'avoir fait une indiscrétion, en vous rendant un compte trop vrai des miennes. Vous direz, sans doute: Oh! ce libertin ne méritait pas ma Clarice. Je suis de votre avis, Madame. Elle pouvait trouver un époux plus digne d'elle; mais quand on aurait eu à ... | novel_1025 |
-- Oh ! non, mon fils, et ton pauvre frère sera bien en s'en allant. » Et cet en s'en allant-là, n'a pas été sans un sanglot. Et puis on est venu se mettre à table pour souper. Chacun était triste et gardait le silence, au point que mon mari, qui est ferme, comme tu sais, a laissé couler une larme, qu'Edmond a vue le p... | novel_1026 |
Attendez-vous à me les voir désigner par la brune, la blonde, la grande, la petite, etc. Je suis apte, comme vous le savez, à saisir les ridicules, cela fera une enseigne pour chaque personne, et ce qu'il y aura d'admirable, c'est que votre délicatesse ne pourra être blessée, puisque vous ignorez le nom des masques. At... | novel_1028 |
Henri VIII avait trouvé leurs aïeuls dans les sentiments qu'ils professent aujourd'hui, qu'on les y laisse. Savez-vous bien ce que je ferai, dis-je à ce gentilhomme? Je ne le cède à aucun Anglican sur l'amour de la patrie, j'aime mon Roi, nos lois, nos libertés, j'en profiterai. Je viendrai m'établir dans les landes de... | novel_1029 |
Comme ils ne peuvent être plus misérables qu'ils le sont; qu'ils ne jouissent que de l'air qu'il respirent; que le Royaume pourrait être bouleversé sans qu'ils y perdissent un fétu, ils ne s'embarrassent point qu'il prospère ou qu'il périsse. Leur état étant si mauvais qu'il ne peut devenir pire, tout changement leur p... | novel_1032 |
Nous avons des char entiers qui travaillent les plus gros arbres, pour réparer les maisons, en bâtir de nouvelles; nos jeunes garçons, en leur aidant, se mettent en état de leur succéder. On raccommode les haies rompues, on fait de nouveaux fossés pour les eaux, on bat les blés, en un mot, chacun trouve de quoi s'occup... | novel_1033 |
Que si par malheur il tuait un de ces lièvres, on parle de galère. Quelle tyrannie! De bonne foi ces Seigneurs qui comptent pour si peu tout ce qui n'a point rapport à eux, ont-ils des entrailles de fer? Se persuadentils que toute la nature ne doit travailler que pour eux? Ce sont, me dit-on gravement, les prérogatives... | novel_1037 |
Monsieur, quel droit n'auriez-vous pas à mon éternelle reconnaissance, si vous aviez le courage de vous transporter à Oldwindsord, vous demanderiez à l'auberge, la maison de Miss Derby, et dans cette maison Fani sa femme de chambre. Si par elle vous pouvez tirer ma mère du péril où elle est exposée, et la mettre en lie... | novel_1041 |
Mais, ma chère enfant, il y a un article dans vos règlements auquel je ne consentirai jamais, je crois en avoir de bonnes raisons. C'est celui qui vous assujettit à la nourriture commune. Dieu a fait les différentes places qui sont dans le monde, veut qu'on vive comme ceux de sa classe. Nous avons reçu par succession d... | novel_1045 |
Résumons : sous tous les points de vue, le comédien est un homme avili, et doit l'être. La comédienne est avilie en raison double; parce que outre ce qui lui est commun avec l'acteur, elle a encore ce qui est particulier à son sexe; une plus grande impudence à s'exposer sur le théâtre; l'encan de ses charmes, et les mœ... | novel_1047 |
Combien de fois m'arriva-t-il ce que l'on assure d'un fameux hérésiarque, en regardant le Ciel. Je l'ai perdu par ma faute, sans retour, disais-je en versant une abondance de larmes. Ah! je pouvais bien dire avec le Prophete oi, que mon pain était arrosé de mes pleurs. Ce sentiment douloureux était si vif en moi, qu'il... | novel_1050 |
Mademoiselle, Vous vous rappelez ce que j'eus l'honneur de vous dire, lorsque je vous envoyai votre fils, il y a un an. Sans vous parler ici de mes anciens sentiments, qui ne peuvent influer en rien sur les dispositions d'une personne telle que vous êtes aujourd'hui, je me contenterai de vous représenter que c'est à l'... | novel_1053 |
Je viens d'ôter le dernier asile à la mariageomanie d'Ursule : j'ai parlé de façon au conseiller, sans paraître moins zélé pour Ursule et pour sa famille, que je l'en ai dégoûté. C'est à un souper chez M. de Ch*** : j'ai feint de boire un peu au-delà de la mesure de l'homme prudent; et dans cette ivresse simulée j'ai d... | novel_1056 |
Le courage de ma mère, sa tranquillité, dans un coup si accablant, mit le comble à l'admiration que sa beauté avait excitée. Plusieurs partis se présentèrent à l'envi, mais fidèle aux cendres de mon père, elle ne fut point ébranlée des avantages qu'on lui offrait, se préparait à partir, lorsqu'on lui annonça la visite ... | novel_1057 |
On n'y saurait tenir. Edmond me fait tourner la tête ! je crois qu'il se convertit, ou que désolé des infidélités de la marquise, il veut s'en venger sur moi ! Il faudra que j'en vienne au moyen que je t'ai dit. Il m'a surprise ce matin avec mon page; tu sais bien ? Dans la pièce d'à côté, Marie était avec le cocher, d... | novel_1061 |
Cette marque de respect n'est plus de saison, le Prêtre remet les choses dans l'ordre, et avertit l'épouse des dispositions dans lesquelles elle doit entrer, en la faisant mettre à la gauche de son époux. Tenez-vous y, ma chère si vous voulez entrer dans tous les droits d'une compagne chérie; on n'essaie pas impunément... | novel_1063 |
Au reste, vous devez être tranquille; j'ai sa parole d'honneur que vos intentions seront suivies par rapport à votre père, qu'il respectera les ordres de la Providence, qui semblent vous avoir destinée à vous sanctifier, par la pauvreté. Hariote vous a fait un détail qui me dispense d'une plus longue lettre, je prévois... | novel_1064 |
Quant à la condition que j'avais attachée à cette cession dans mon précédent vovage, elle m'est devenue indifférente; j'ai en main de quoi faire tomber l'action que vous avez intentée contre deux innocentes: je veux bien croire que c'est pour se disculper que le coquin de Jacques vous accuse de l'avoir incité à se parj... | novel_1066 |
Vous ne voulez plus être actrice; l'amitié, le zèle pour votre intérêt m'avaient fait outrer les choses; à présent je vais découvrir mes véritables sentiments. Ce que j'ai dit des représentations est vrai : mais tout a ses abus, tout a ses inconvénients et ses avantages. Or les inconvénients du théâtre sont moindres qu... | novel_1070 |
Cette fille joue fort bien son personnage, et elle ne commet en rien les secrets que tu lui as confiés. Tu fais des héroïnes de toutes tes élèves !... J'aurais bien laissé Ursule quelques jours de plus avec son automate, qui en agit si bien; mais je craignais une réconciliation, si j'avais fait la difficile pour la rec... | novel_1073 |
Je me persuade que cette chère Dame aura pris des mesures à cet égard, dont vous serez instruite à l'ouverture de son testament. Qu'une piété filiale mal-entendue n'aille pas vous engager à lui désobéir. Je ne vous parlerais pas ainsi, si elle ne m'avait dit plusieurs fois qu'elle espérait que Dieu lui laisserait assez... | novel_1083 |
Je serais la plus ingrate des femmes, si je ne rendais pas la gloire à qui elle appartient : mon bonheur actuel est l'ouvrage de l' ami; sans lui, entre nous, que serais-je ? supposons la femme du marquis ? je serais bornée, contrainte; sans doute réduite à garder mon appartement dans une triste solitude, à voir une ma... | novel_1088 |
Charmante follette. Avertis-moi, quand la Filippa sera dans l'état que je désire : c'est-à-dire, telle qu'Ursule était, lorsqu'elle fut mise entre les mains des chirurgiens; c'est ainsi que je veux la rendre à son père. Ne l'épargne pas surtout ! Si tu hésitais, lis cet écrit que je t'envoie; il te mettra en fureur, co... | novel_1092 |
c'est un homme bien terrible, et je le crains comme le feu ! Il a des façons, il vous prend on ne sait comment, et agit comme jamais je n'ai vu personne. Quant à M. Gaudet, dont je t'ai dit un mot dans ma dernière, je ne l'aurai pas pour ce que tu sais; Mme Parangon s'y oppose; elle en a dit son avis à mon frère bien f... | novel_1098 |
Peut-être l'augmentation de son bien vous fera-t-il croire, esdames, qu'il faudrait ajouter quelque chose à ce que j'ai fixé. Je soumettrai mes lumières aux vôtres, cependant je veux bien vous confesser ma foillesse; il m'en coûtera quelque chose. Il faut, selon mon petit jugement, accorder tout ce qui peut contribuer ... | novel_1099 |
Voilà, Madame, ce que je pense ur l'amitié, peut-être me trompé-je, nais je parle à coup sûr, quande rends la liberté de vous assurer que regarderais comme le plus grand bonheur, celui de vous inspirer le enment que je viens de peindre, que personne ne le mériterait plus que moi, s'il devait être le prix du plus respec... | novel_1102 |
Comment peut-on haïr une personne si parfaite! Je touche un point délicat, Madame, j'y suis forcée. Ma chère Clarice s'est vue dans la nécessité de me déclarer l'origine de ses malheurs, a cru avoir besoin de me faire approuver l'héroïque sacrifice auquel elle s'est déterminée. De ses sentiments des vôtres, on peut tir... | novel_1105 |
Je me suis peu à peu fortifiée pendant deux jours, sans voir mon cruel ravisseur. On me présenta une lettre de lui le second ou le troisième jour, et on me fit entendre qu'il fallait absolument la lire; j'obéis en tremblant : mais je ne pus trouver la force de faire une réponse qu'on exigeait. On me laissa tranquille; ... | novel_1106 |
c'est ce que j'ignore. Cela me fit penser, à mon retour, à lui écrire deux mots, pour lui annoncer que j'emmenais Ursule, et qu'il ne la cherchât plus où elle avait été. J'eus soins de ne lui faire tenir cette lettre qu'à l'instant de mon départ, et après m'être bien assurée de sa demeure, qui est rue Galande, près la ... | novel_1107 |
Les heureuses nouvelles, que tu me donnes, chère sœur, m'ont causé la joie la plus vive : j'ai senti combien je vous aimais, par l'intérêt que j'ai pris à tout ce qui vous regarde. Je suis au comble de la joie, qu'Edmée soit ma belle-sœur, et (je te le dis tout bas), que ce n'ait pas été en devenant femme d'Edmond; je ... | novel_1114 |
Monsieur, À l'instant où vous recevrez ma lettre, vous serez fort agité, sans doute, et vous croirez qu'Ursule est perdue ? C'est tout le contraire. Il n'est pas possible qu'une fille d'esprit comme elle supporte deux jours de suite le tête-à-tête d'un Lagouache, faraud du dernier ordre, brutal, et capable, au bout de ... | novel_1115 |
Elle m'a vue; elle m'a tendu les bras, en m'appelant à son secours. Edmond m'a regardée d'un air furieux : « N'approche pas ! » (me disait-il avec un geste menaçant). Tandis que j'étais remplie d'épouvante, ce n'a plus été Ursule que j'ai vue, mais une génisse blanche, dont les yeux versaient des larmes : je me suis ré... | novel_1116 |
Parvenus dans le bois, nous y sommes descendus : nous avons d'abord marché tous quatre, ensuite nous nous sommes séparées, la marquise et moi. La première chose qu'elle m'a dite a été un compliment flatteur, suivi d'un baiser, que je lui ai rendu : ce qui a paru lui plaire. Elle m'a proposé un plan de vie, dont je vous... | novel_1117 |
On court, on s'agite pour trouver la félicité le plaisir dans le monde; ici on en est environné, l'on n'a qu'à avancer la main pour les toucher, les goûter les saisir. Les grands veulent être respectés, craints; ici l'on est aimé. Il ne sort que des bénédictions de la bouche de ceux qui nous approchent. Les mères appre... | novel_1118 |
Il faut que je vous parle à cœur ouvert, ma chère mère, ma tendre sœur. Je me sens un si violent dégoût pour la vie qu'on mène dans le grand monde, que je regarderais comme un supplice, la nécessité d'y retourner. J'ai, comme vous, l'espoir d'être bientôt mère, je participerai sans doute à la fécondité de nos paysannes... | novel_1121 |
L E Ciel vous a donc rendu à mes vœux, ô ma chère, ma tendre et respectable mère! Quel bonheur pour moi de n'avoir appris votre danger qu'après votre rétablissement! Je ne crois pas que j'eusse été capable de supporter la crainte de vous perdre pour toujours, avec tous les autres maux dont j'étais accablée. Pesez les, ... | novel_1123 |
Il faut avouer que Gaudet est arrivé bien à propos ! Je commençais à mourir d'ennui avec le marquis l' ami a jeté de la variété dans l'assommante uniformité qui me donnait des vapeurs. J'aurais envie de te peindre son début, lorsqu'il m'aborda le jour de son arrivée. J'étais sous le déshabillé le plus voluptueux : une ... | novel_1127 |
Il y avait dans cette prison plusieurs personnes qui faisaient de la dépense, qui ne s'y tenaient que pour lasser la patience de leurs créanciers, les amener à un accommodement. Ceux là étaient dans des chambres propres, ne manquaient de rien. J'offris mes services à l'un d'eux, qui écorchait quelques mots de François,... | novel_1129 |
Il passa, il y a quelques mois, par le village, trois hommes d'assez mauvaise mine, bien armés. Mon épouse qui les aperçut de la fenêtre, les appelle, les invite à manger un morceau, les sert elle-même, comme l'aurait pu faire Sara, quoiqu'ils n'eussent assurément pas l'encolure de trois Anges. Pendant le déjeuner, ell... | novel_1130 |
Gaudet lui-même. Mes amants me possèdent sous tous ces caractères : il en est qui me reconnaissent difficilement, et qui me regardent à deux fois. Ce n'est pas tout, mes détails avec eux sont proportionnés au costume que j'ai choisi; et je prends ce costume, ou d'après la façon dont je me trouve montée; ou d'après la c... | novel_1131 |
Cependant, comme c'est à Dieu seul qu'il convient de nous placer selon ses desseins, je craindrais d'anticiper sur ses droits, en vous retenant plus long-temps auprès de moi. Il faut sonder votre propre cœur pour savoir à quoi il se décidera. J'ai sauvé quelques bijoux du naufrage j'en ai tiré mille écus que j'ai placé... | novel_1139 |
Ma chère Clarice, lui dis-je, j'ai vu quelques cantons en France, où les femmes conduisent la charrue; ne pourrions nous pas introduire cet usage: il s'établirait infailliblement; car en bonne législatrice, vous voudriez donner l'exemple de l'accomplissement de la loi. R'en ne me paroitroit plus touchant que de vous vo... | novel_1141 |
Ma très chère sœur, à celle fin de vous faire une réponse plus ample, j'ai attendu que nous évussions quelque autre nouvelle : ne doutant pas que le cher Edmond délivré, ne nous écrivît lui-même sa délivrance. Et c'est ce qu'il vient de faire, par une lettre à mon mari, lequel l'a reçue en tremblant, mais qui l'a ensui... | novel_1144 |
On amassera au dépot, jusqu'à la concurrence de trois mille livres, pour fournir aux besoins extraordinaires, donner une somme à celui qui voudrait retourner au village; mais s'il était chassé pour quelque crime scandaleux, il n'aurait que la moitié de la somme qu'on donnerait aux autres. Que si Dieu bénissait la Colon... | novel_1146 |
Infâme ! tu cherches ta fille ! elle est à Paris. Je l'ai déshonorée, avilie, fait passer par cent mains différentes; les plus vils des hommes l'ont... humiliée. Reconnais la vengeance ! cette passion que tu chéris, que tu as si cruellement exercée sur un chef-d'œuvre de beauté, n'est jamais stérile; chaque jouissance ... | novel_1149 |
» Il ne peut sortir de là; des raisons, il n'en a plus : parce qu'en effet, il n'y en a pas. C'est que la danse des nègres, qui fait leur plaisir et leur bonheur est très légitime, ainsi que ce qui la suit. De même, lorsque la femme de quelqu'un de leurs petits chefs vient à mourir, et qu'elle fonde deux, quatre, ou do... | novel_1152 |
Subsets and Splits
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